Il y a 30ans: Paris-Gao-Dakar

Publié le par Thierry, Auteur: MJo Berthet

     Le 21 décembre 1985, au pied de la tour Eiffel, aucun des participants de l’épreuve n’a essayé de « carotter » quelques centimètres sur la ligne de départ. Tricherie inutile, l’arrivée étant située à Dakar !
     Ce jour là, mon Jeannot participait  au relais pédestre « Paris-Gao-Dakar »  se déroulant en continu, avec sept équipes de douze coureurs se passant « le mousqueton »
 
tous les 20 kilomètres : 6600 km à travers la France, l’Algérie, Le Mali et le Sénégal en un mois. Une bonne séance d’entraînement pour le vétéran de l’ AS Aix-les-Bains  en pleine saison de cross country, mais aussi de merveilleux paysages et de belles rencontres.
     Se replongeant dans ses albums, j’ai vu son regard s’illuminer devant les photographies jaunies par le temps : la route enneigée dans la campagne ardéchoise, l’arrivée à Alger à bord du « El-Djezaïr », la beauté de Ghardaia à la tombée de la nuit, le réveillon de la St Sylvestre dans les dunes à Timimoun, la porte du désert à Reggane
 et l’entrée angoissée dans le Tanezruft (le désert de la soif), les rencontres surprenantes avec les touaregs enveloppés dans leur takakat et leur chéche,
 
Gao et le remarquable tombeau de la dynastie des Askia, la majestueuse main de Fatima dans les monts Hombori,
le port de Mopti  et l’enchevêtrement des pirogues sur le Niger, l’inespérée baignade aux chutes de Gouina sur le fleuve Sénégal et l’arrivée dans une ambiance festive et bruyante le 22 janvier 1986, place de l’Indépendance à Dakar.
     Après la fermeture du second album, impossible d’arrêter mon Jeannot.
D’autres souvenirs surgissent pêle-mêle : la tasse de thé offerte à Tessalit par une vieille femme pour le remercier d’avoir donné une poupée à sa petite fille, les multiples crevaisons des 4X4 accompagnateurs sur la difficile piste le long de la voie ferrée entre Kayes et Kidira, le rusé réparateur de chambre à air à Tambacounda qui remplace la rustine par du papier journal, le backchich réclamé pour prendre une photo ou traverser un village …
     Cette épreuve a surtout permis au professeur de biologie de prendre conscience que l’organisme humain bien entraîné peut, dans des conditions défavorables (manque de sommeil, récupération incomplète, nourriture inadaptée, conditions climatiques difficiles …) effectuer un travail quantitatif important. Mais, on sent bien que pour l’entraîneur, ancien demi-fondeur, l’exploit reste la progression chronométrique sur une distance olympique.
     On ne peut pas refaire le bonhomme qui a débuté l’athlétisme en 1952, émerveillé par les exploits de Zatopek et Mimoun! 

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Sylvie 24/12/2015 10:01

Superbe récit, belles photos pour une aventure humaine extra-ordinaire, comme l'athlétisme peut en offrir !
Merci pour ce retour dans le temps !

chipeaux 22/12/2015 12:15

bravo mon Jeannot ,
une belle leçon sportive dont on a plaisir à parcourir mais surtout en tirer exemple .
continue ainsi , ne change rien .on t'aime ainsi .
josy