Au coeur de l'UTNC

Publié le par Stef Chapusot

Nous nous sommes tous demandés à un moment où un autre ce qui pouvait se passer dans la tête de ces coureurs dans une course aussi exigeante qu'un ultra trail. Bonne forme, baisse de régime, maux de course, plaisir de la ligne d'arrivée...  Et bien c'est comme si vous étiez avec Stef Chapusot qui nous livre un superbe récit de sa course lors du premier UTNC organisé en Calédonie. 

"Dimanche 4 juin 2017, départ de l'UTNC a 8h du côté de la Tontouta. L'ambiance est très bonne parmi les coureurs et tout le monde est impatient de prendre part à cette belle aventure. La météo est très clémente et le restera tout le long du parcours. Les premiers 12 km sont aisés et on peut facilement courir jusqu'au PC1. Puis, on attaque la première difficulté qui nous emmène au 19ème km.

Tout va très bien, je suis un peu en avance sur mes estimations  sans avoir forcé. Arrive donc la première descente sur une piste minière où les cailloux commencent à nous chatouiller les petons. S'en suit un plat longeant la rivière avec 8 passages rivières où les petits ont de l'eau jusqu'au bassin, j'en fais parti !!!!

Le PC2 est en point de mire. 38e km, j'ai toujours de l'avance sur mes estimations et je me sens tres bien. Super accueil des bénévoles et ce sera comme ça sur tous les PC. Merci à eux d'avoir été là pour nous. Nous voici donc sur la deuxième difficulté : une piste minière somme toute aisée qui nous emmène jusqu'à 880 m d'altitude après 10 km de montée. Le panorama est splendide et je me dis que l'on a vraiment de la chance de pouvoir vivre ces moments.

Les 10km de descente toujours sur la piste minière vont être jonchés de cailloux, et des cailloux on va en bouffer tout le long !!!!!  Au bout de cette descente, nous voici sur un peu de plat qui fait du bien aux quadris. Avant que la nuit tombe j'arrive a 17h30 au PC3, j'ai 1h d'avance sur mes prévisions. Le moral est au beau fixe, pas de bobos, les jambes tiennent le coup, juste une petite douleur au genou. La je m'arrête 1/2 heure le temps de récupèrer mon sac, de changer chaussettes après avoir vaseliné mes pieds et manger chaud.

Une dizaine de coureurs sont la et j'en vois certains qui sont un peu en souffrance et j'espère que pour eux tout va bien se passer. Lorsque je m'apprête à quitter ce PC, je croise Patrick Poncin et Jean Michel Meunier qui arrivent. Ça fait du bien de voir les potes et de savoir que tout le monde est encore en piste.

Les 12 km suivants longent la rivière, c'est plat mais très technique, et il faut s'habituer à l'obscurité même si je me sens toujours bien la nuit. Apres une demi heure je ressens une douleur au genou qui va m'accompagner jusqu'au PC4. Mais, je tiens le rythme même si du coup je ralentis la cadence le temps que le genou se remette en bon ordre.

La 3ème difficulté se présente avec une grosse montée qui nous emmène jusqu'à 1000 m d'altitude. Le froid s'est installé et il fait 6°C ! Heureusement ,mon équipement me permet d'être confortable. Puis vient la descente de l'enfer : 5km de ouf, super glissant, cailloux énormes, bref très dur mais je m'accroche et garde le moral.

Avec la fatigue, les passages en rivière de nuit dans l'eau glacée sont difficiles. Je commence à grelotter. Je décide de m'alimenter un peu plus, de ralentir. Je profite pour cela d'une partie plane. Je me remets et enchaîne par la dernière montée la mine cosinus. Mes jambes et mon genou retrouvent l'énergie pour gravir cette difficulté sans encombre et je me retrouve au PC 5 au bout de 20h30 de course.

J'avais prévu cela et du coup ça me booste à fond, je m'arrête 2' pour remplir le camel et entame le dernier tronçon remonté à bloc. J'arrive à courir les 10km de descente et les 8 derniers km j'alterne marche et course et finis ces 18 km en 1h46.

Avant que le soleil ne se lève j'aperçois l'arène du sud, je profite sur les derniers 800 m de doubler un coureur et finis en sprintant jusqu'à l'arrivée. Je pensais mettre environ 22h, je finis en 22h19. Ravi donc.


Je tiens tout d'abord à remercier Thierry Sebald qui s'est chargé de mon plan d'entraînement. Il a su également être disponible à chaque instant pour un suivi très précis, pour apporter un soutien sans faille toujours avec la bonne humeur. Thierry je peux le dire c'est grâce à toi que j'ai pu vaincre cet Ultra qui pour moi est la course la plus dure que j'ai faite en Ultra.


Merci à Marie Jo pour ses encouragements au PC 1 et à l'arrivée. Ca donne vraiment du baume au cœur, et je ne parle pas de sa photo façon David Hamilton !!!!


Merci à l'organisation qui a su faire de cet Ultra un grand moment sportif et d'échanges.
Et puis que dire des bénévoles, incroyable de gentillesse, de disponibilité, de bienveillance.
La cerise sur le gâteau c'est que tous les coureurs de l' ASPTT ont fini cette belle épreuve.

 

Bravo à tous !!!!!!


Voilà vivement l'an prochain.

Stéphane Chapusot "

Publié dans Chronique de course

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Thierry 07/06/2017 02:30

Bravo encore Stef, pour ta course (dont on reparlera à tête reposée) et pour ton récit très détaillé.